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Marseille : ces crimes de sang non élucidés

MARCHE SILENCIEUSE
Par Denis TROSSERO
Créé le 02/04/2012 19:21

Et tout à coup, le cortège s’ébranla. À 13 h, le silence a enveloppé hier le campus de Luminy, traversé par les seuls randonneurs aiguillonnés par un apaisant soleil d’avril. « Repose en paix. Que justice soit faite ».

Sur la banderole blanche, barrée de rouge et de bleu, Ibrahima Sylla était à la fois présent dans les mots et dans les images. Il l’était aussi dans les coeurs. Sur les tee-shirts de ses proches et amis – une centaine -, on pouvait lire « Paix à son âme ». Cette marche silencieuse, cinq ans jour pour jour après son meurtre d’une rare sauvagerie, résonnait comme la nécessité de ne pas oublier. Ibrahima Sylla, cet étudiant guinéen de 28 ans, avait été retrouvé lardé de trente coups de couteau, brûlé et abandonné dans un fossé du campus de Luminy (9e). Ni témoin ni mobile. On a cherché tous azimuts.

Aucun début de piste

Jusqu’à ce que la justice rende le mois dernier un non-lieu. Aveu d’impuissance du juge. « Désespoir de n’avoir pas trouvé la bonne piste », confient les enquêteurs de la brigade criminelle. Marié et futur père, Ibrahima était en Master 2 de mathématiques. Il faisait aussi la « plonge » dans un restaurant de l’Escale Borély. L’autopsie a révélé qu’il avait été tué par deux armes blanches. On a enquêté sur la piste privée, sur celle d’un marginal qui vivait dans les calanques. La thèse du vol ne tint pas longtemps. Restait le crime gratuit ou la mauvaise rencontre nocturne. Impossible de tirer le bon fil.

Même le Dr Bourgat, adjoint au maire, qui a lui aussi perdu un fils le 9 septembre 1996, est venu en ami. Geneviève Celant, présidente de la Fédération pour l’aide aux victimes de la violence, a dit tout l’accompagnement qu’elle met en oeuvre, et cela jusqu’au procès quand il y a procès. « Tout le monde attend la mort, mais mourir de cette façon ou d’une autre, ce n’est pas tout à fait la même chose », philosophe Abdoulaye Koita, président de l’Association des étudiants guinéens. « Il m’appelait tout le temps quand il rentrait, se souvient son colocataire, Mamadou. Cette nuit-là, je me suis endormi. Je ne l’ai plus revu. »

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